Récupération CALORIES  SALLE de BAINS (douche) -V2-

1 Les calories dans la salle de bainsSDBTITRE
2 Le principe retenu
2.1 Quelques calculs
2.2 Sans tout casser ni démontage
2.3 Solution retenue
2.3.1 L'échangeur seul
2.3.2 Les essais sous pression
2.3.3 L'étamage
2.3.4 La soudure à l'étain-plomb
3 Raccordements
4 Mesures et essais
4.1 Mesures
4.2 Essais réels

5 Conclusions

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Préambule

Je pense qu'un des principaux problèmes des décennies qui viennent sera le combat pour économiser l'énergie. Dans cette éventualité le gaspillage d'énergie sera "traqué". J'avais regardé pour réaliser un échangeur de température des eaux usées de la douche.
J'ai éliminé le stockage de l'énergie contenue dans l'eau chaude, car si c'est effectivement une bonne solution, elle est déjà plus "lourde" et nécessite un minimum d'entretien.
Un procédé commercialisé avec 4 petits tuyaux d'environ 10 mm enroulés en hélice autour de l'évacuation des eaux usées existe et m'avait bien interpellé, mais est techniquement difficile à réaliser pour un amateur. Le principal problème étant de trouver de petits tuyaux de cuivre de section carrée pouvant s'enrouler sur un diamètre de 40mm environ.

N'ayant pas trouvé de tels tuyaux, je suis donc passé à quelques calculs, en partant du fait que l'essentiel était de faire durer le passage de l'eau froide contre le tuyau cuivre d'évacuation. Pour faire durer, il n'y a que deux méthodes : Augmenter la longueur (surfaces) des parois en échange ou au contraire augmenter le volume et faire ainsi durer les échanges, par le biais des vitesses de passage diminuées.
J'ai la chance d'avoir une maison datant de 1973 et à cette époque, la fonte en DN100 et le cuivre de 32 et 40 constituaient les évacuations…RemyB

Le cuivre est le seul matériau adapté à réaliser des échanges de température de ce type (conductivité de 386)

Dans mon cas la longueur "est ce qu'elle est", et je n'ai aucune envie de modifier ce qui fonctionne bien... Alors il ne reste que la solution de la vitesse.

J'avais eu quelques échanges avec "remyB" sur des forums, pour la récupération des calories issues de la salle de bain, et particulièrement de la douche. (rechercher "remyB calorie sdb"). Le principe est dans ce petit croquis joint.
Alors c'est sur cette idée de base que je suis parti. "Remyb" avait proposé une excellente solution, mais en amateur, et pour fixer l'ensemble sur la conduite en place, cela ne m'était pas possible de procéder ainsi, car je connais mes limites et les difficultés. J'ai donc encore modifié ce schéma d'origine pour arriver à la solution encore plus simple d'un tuyau de 40 mm soudé sur l'autre tuyau en place.

C'est donc cette réalisation que je vais décrire ici, le principe de l'échangeur reste identique.
Dans ce principe aucun stockage de calories n'est utilisé.

1 Les calories dans la salle de bains

Récupérer des calories de la salle de bain demande quelques explications, car aussi stupide que cela paraisse, ce n'est pas toujours réalisable, pour des questions de réalisation, ou de mode de vie.

LE LAVABO : En ce qui concerne le mode de vie, il y a quelques éléments à prendre en compte. Le lavabo ne consomme pas vraiment des quantités importantes d'eau. Suivant les habitudes personnelles, d'aucuns remplissent la vasque se lavent le visage, et vidangent d'un coup. Dans ce mode, sans stockage, il n'y a aucune possibilité de récupération. Pour les messieurs il y a le rasage éventuel en plus.
Dans l'autre option, on laisse couler (mais ça gaspille !) et là on peut récupérer quelques calories, mais la toilette du visage ne génère pas des volumes d'eau utilisée importants, et donc la récupération effective a lieu presque quand on a fini de faire sa toilette…!
Le lavage des dents, se réalise quasiment toujours bonde ouverte, ou avec un verre et les volumes sont tellement petits qu'il n'y a rien (en calories) à réinjecter dans l'eau froide. Le temps de chauffer les tuyaux et le bénéfice est Zéro.

LA BAIGNOIRE (pour le BAIN) : Le bain n'est plus très "à la mode", et est coûteux en énergie et volume. Il reste cependant un moyen de lavage du corps toujours usité. Seul problème, dans le cadre de la récupération de calories sans stockage, il n'y a RIEN à attendre.

LE BIDET : bof !

LA DOUCHE (y compris dans la baignoire) : Alors là, ça commence à être intéressant ! 20 à 50 litres d'eau à température, il y a moyen de récupérer quelques calories. En effet l'eau à température coule et est évacuée immédiatement.
Si l'on fait échanger les calories entre l'eau d'évacuation et l'arrivée d'eau froide, alors on va pouvoir gagner quelques calories.
De plus dans les familles, tout le monde passe souvent à la douche en séquence, et ainsi le premier ne va pas pouvoir récupérer pleinement la mise en température de l'ensemble douche (receveur ou baignoire, tuyauterie…etc). Par contre, les suivants vont être servis tout de suite, puisque l'ensemble est déjà chaud.
Les rendements seront d'autant meilleurs que le nombre de "doucheurs" sera important, et que le temps les séparant sera court.

"L'EAU EN GOUTTES" : Je n'ai malheureusement pas de chiffres sur ce sujet, car cela est trop délicat à mesurer. Dans ce domaine de la thermodynamique, je serai certainement mis en défaut mais seul le bon sens me fait dire ce qui suit.
Le principe est que l'eau chaude ainsi réduite en petits volumes est un redoutable échangeur de température, et que le temps pour qu'une goutte perde quelques degrés est certainement très court. Pourquoi cet aparté en physique ? Oh tout simplement pour dire que l'eau au niveau du robinet de douche sera toujours à une température supérieure à celle de l'eau reçue sur le corps.
Cela veut dire qu'il ne sera pas extraordinaire de voir des températures d'eau supérieures à 37 °C au robinet mélangeur, sans que cela témoigne ni d'une erreur, ni d'un gaspillage. Pour ceux qui ont une bonne culture en thermodynamique, n'hésitez pas à poster quelques valeurs en commentaires.

2 Le principe retenu

2.1 Quelques calculs

Le but est ici de savoir quel pourrait être le gain maximum, sachant qu'il ne sera jamais atteint. Cela ne veut pas dire qu'il faille, avant de commencer, baisser les bras. Pour moi qui réalise peut être dans les premiers, vous aurez la chance de vous appuyer sur mon expérience.

Formule de base : E(KWH)=0.00116*Volume(L)*DeltaT°(°C)

L'eau du réseau d'eau potable est généralement vers les 10°C (Nord de la France), et l'eau après avoir ruisselé au fond du réceptacle et atteint les tuyaux peut se retrouver vers 25°C après avoir cédé ses calories au corps, à l'air ambiant, au bac récepteur, et au début de tuyauterie et avoir ainsi établi les différents équilibres thermiques.
On suppose donc un écart de température maximum de 15°C entre l'eau froide du réseau et l'eau d'évacuation. On va ensuite évaluer à 75 litres la valeur pour 2 DOUCHES.
Suivant la formule on ne peut récupérer que 1.305 KWH durant le temps de 2 douches, soit environ 10 minutes au total.
Le débit de la douche est de 8 litres à la minute, soit une vitesse de 1.15m/s sur du tube cuivre de 14 ext.

Le coût simplifié de mon matériel : 23.78 € (2 mètres de tuyau cuivre de 40)
le coût du KWH=0.091 €

(L'énergie par douche est donc de 1.305/2=0.6524 KWH et le coût récupéré est arrondi à  0.06 € )

Pour un échangeur de rendement 100%, le temps de retour sur investissement à 104 douches/an (52x2), soit 67.84 KWH/an, soit 6.24 € est d'environ  = 3.8 ans (valeur pour 2 personnes 1 douche par semaine)

Autre mode de vie cette fois pour une famille de 4 personnes avec une douche par personne et par jour : Temps de retour sur investissement à 1460 douches/an (365x4), soit 952 KWH/an, soit 87.6 € soit environ < 4 mois (valeur pour 4 personnes à 1 douche par jour).

Bien entendu, la théorie est optimiste puisqu'il ne sera pas possible de récupérer 15°C, l'avenir nous dira sur les relevés ce que l'on va récupérer au réel.

Le grand intérêt de ce dispositif est sa simplicité et la très grande fiabilité concernant d'éventuels mélanges d'eau souillée et d'eau potable. C'est réellement sécurisant, même si le rendement s'avère faible.

Il faudra aussi augmenter un peu les frais en gaz pour les soudures, en alliage laiton et étain plomb. Mais on fixe ici seulement les grandes orientations.

2.2 Sans tout casser ni démontage

L'installation ancienne d'eau est réalisée pour cette partie, en tube cuivre de 14 avec réducteur de pression juste après compteur. En évacuation, pour ne pas tout casser, il y a une longueur droite de 1.65 mètre de tuyau cuivre, sur lequel il est possible d'échanger (absence de sur-épaisseur de raccords). Toute la surprise sera de savoir quel sera le delta de température que l'on va pouvoir récupérer.
Après la traversée de dalle, la sortie douche est d'abord évacué à l'horizontale (avec la pente) pour passer au dessus d'une fenêtre, puis après à la verticale et très vite rejoint par le lavabo, et enfin après 2 bons mètres le tout va dans un regard.

Physiquement, il faut "essayer de faire durer le plaisir" et donc choisir une tuyauterie horizontale, dans laquelle l'eau chaude rejetée va effectivement être en contact permanent avec l'échangeur. (Dans une partie verticale, le contact eau/cuivre serait vraisemblablement un peu aléatoire.)
Dans mon cas, seule la partie horizontale issue de la baignoire (douche) est donc utilisable. C'est une chance qu'elle existe !

2.3 Solution retenue

Il va s'agir d'un tuyau de 40 mm cuivre soudé à l'étain-plomb sur le tuyau d'évacuation lui aussi de 40 mm. Par la suite on appellera "échangeur" ce tuyau rapporté.
La vitesse d'eau froide mesurée est de 1.15 m/S dans le tuyau de 14. Obtenir un temps de passage de l'eau froide plus lent est obtenu par la section de 40. Il est assez amusant de voir que cette section de 40 permet des vitesses divisées par 10 le long de cette section relativement au tuyau de 14.

(voir sur le schéma ci-dessous la coupe de l'ensemble installé)

2.3.1 L'échangeur seulEchangeur

C'est un tuyau de cuivre diamètre 40 de 1.65 m de longueur. Le façonnage est important, car une fois en place, il ne sera plus possible d'intervenir facilement.

Il n'a pas été possible de trouver de réduction 40/14, car cette configuration ne se pose jamais, et les plombiers ont l'habitude de réaliser des piquages brasés dans ces cas fort peu courants. En effet une évacuation à pression atmosphérique est au moins toujours de section 32 mm (pour la plus petite). Les "empilages" de réductions n'ont pas été retenus pour deux raisons (prix très élevé et fuites potentielles dûes au nombre élevé de soudures)

Il a donc été nécessaire de façonner entièrement les "réductions". Pour donner de la solidité à l'échangeur, (résistance à la pression) les extrémités ont été matées après recuit. Une rondelle a été fabriquée dans une petite largeur de tuyau (déplié). Cette rondelle avait été emboutie à chaud pour laisser passer un tube de 14 en son centre (erreur voir schéma).  Il aurait été préférable de ne pas centrer le tuyau de 14 dans la rondelle, mais de le déporter légèrement vers le haut pour éviter une petite poche d'air ! tant pis, c'est fait et ce n'est pas très grave ! (Ce côté sera celui dirigé vers la douche).
La rondelle a été introduite dans le tuyau et mise en butée sur le matage réalisé. Tout l'ensemble a été brasé à l'alliage laiton.
Ceci a constitué un seul côté, le côté douche.

Pour l'autre côté, et pour deux raisons, une autre solution a été retenue :

- limiter la longueur et les coudes du tube de 14 en raccordement d'entrée d'eau froide
- créer dans le tube de 40 des perturbations d'écoulement qui favoriseront tous les volumes d'eau à prendre de la chaleur, et non pas seulement une seule partie.

Un piquage perpendiculaire est donc réalisé suivant un rayon du tube de 40. Le recuit sera utilisé pour créer par emboutissage une petite cuvette destinée à recevoir l'alliage laiton d'étanchéité.

A noter un point de réalisation un peu délicat, qui est lechangeur3a mise en place de la rondelle d'obturation côté de l'arrivée d'eau froide. Comme il n'y a pas de tuyau à placer, il est nécessaire de percer cette rondelle pour pouvoir la plaquer contre le matage du tuyau de 40. (Attention de ne pas oublier de mater le tube de 40 seulement APRES avoir introduit la rondelle)
Cette rondelle est traversée par un fil de fer légèrement aplati côté intérieur, qui servira à tirer légèrement pour mettre en contact la rondelle et le matage par l'intérieur de l'échangeur.
Une fois la rondelle brasée, le fil de fer sera délicatement tiré en forçant un peu sur le cuivre recuit.
Le trou sera obturé et brasé avec un petit morceau de cuivre comme bouchon.

Pour les deux orifices, des collets battus ont été réalisés avec écrou prisonnier sur les tuyaux de 14, pour permettre un démontage éventuel aisé. (Ne pas oublier les écrous avant brasure !)
(Bien remarquer que chronologiquement, la rondelle doit être brasée avant de réaliseESSAISr le piquage, car autrement on ne pourrait certainement plus tirer cette rondelle)

2.3.2 Les essais sous pression

Les essais de l'échangeur doivent être réalisés à ce stade pour s'assurer qu'il n'y a pas de fuite. J'ai eu de la chance. (Les fuites éventuelles seront reprises de préférence en brasure).
Cet essai est très important car le démontage ne sera plus possible par la suite. Je l'ai réalisé à la pression maxi du réseau soit 6 bars.
Ces essais doivent être réalisés maintenant avant étamage pour pouvoir reprendre une brasure sans ennuis avec l'étain-plomb.

2.3.3 L'étamage100_2456

C'est une opération impérative dans tous les cas et spécialement lorsque l'on doit souder sur place. Pour le tuyau en place et largement oxydé, j'ai commencé à le nettoyer avec un produit ménager bien connu, puis juste après avec un peu d'acide chlorhydrique sur un chiffon. (Il faut bien entendu faire très attention aux yeux et aux mains). Il faut ensuite bien rincer à l'eau. Le cuivre est alors bien rouge.

Pour étamer, il faut présenter l'échangeur sur le tuyau, et tracer des traits au crayon sur des génératrices, aussi bien sur l'évacuation que sur l'échangeur, pour indiquer la zone à étamer.

Noter que l'échangeur sera légèrement en avant par rapport au tuyau d'évacuation, pour que la soudure ne coule pas tout de suite par terre. (voir schéma)
L'échangeur sera positionné pour que l'arrivée d'eau froide soit dans la bonne orientation et pente.
Tout l'ensemble sera tenu avec des serre-joints et tracé.

Les zones seront enduites de pâte décapante, chauffées au chalumeau, et le bâton de soudure fondant sur la surface. Un coup de chiffon essentiel permettra de ne laisser que la seule partie d'étain plomb d'étamage, sans sur-épaisseur.
Ceci et à réaliser sur l'échangeur ET le tuyau de 40 d'évacuation.
Il n'y a pas de réelle difficulté pour ces deux  opérations.

2.3.4 La soudure 100_2458à l'étain-plomb

Préalablement, il faut positionner l'échangeur comme il a été placé lors du tracé d'étamage, encore plus solidement, avec au moins trois serre-joints.
Bien veiller au déport vers l'avant de l'échangeur. Si vous avez mal calculé votre coup, ne pas hésiter à tout démonter et à ré-étamer les zones mal positionnées.

C'est une opération délicate, et il semble que l'alliage étain plomb soit réellement utile, car j'ai constaté un passage pâteux, bien utile. En utilisant du plomb pur, je ne l'ai pas constaté.

(Mes vieux cours de métallurgie du Loritz ont été oubliés), mais finalement il n'y a pas des volumes importants de soudure, car je ne peux souder que d'un côté, la soudure se répandra un peu de l'autre côté de la génératrice par "mouillage".

Par précaution, mettre une fine couche de pâte décapante sur l'étain-Plomb préalablement déposé tant sur le tuyau que sur l'échangeur, sans déborder. Commencer donc par une extrémité en déposant juste avant liquéfaction la soudure. Profiter de cet état "pâteux" pour donner un coup de chiffon permettant un beau joint légèrement creux. Progresser ainsi tout le long.

Le mieux bien entendu étant lors du positionnement d'avoir le plus possible cuivre contre cuivre, et c'est le but de l'opération de positionnement car les conductivités thermiques étain et cuivre sont dans un rapport 6 environ, et il faut diminuer le plus possible cette distance, tout en sachant pertinemment qu'au-delà de la génératrice commune, l'étain-plomb vaut mieux que tout l'air de la terre (Rapport 10) !

Il faut également ajouter que cette soudure n'a aucune fonction hydraulique et que si l'aspect n'est pas "canon", ce n'est pas trop grave, car elle est seulement là pour la conductivité thermique.

3 Raccordements

L'échange se réalisera à contre courant suivant les principes généraux, ce qui autorise le meilleur rendement.
Les raccordements n'offrent aucune difficulté, puisque c'est de la pure plomberie traditionnelle.
Il faut cependant noter que l'échangeur reste un "maillon faible", qui peut un jour avoir des fuites aux brasures. J'ai donc prévu un jeu de vannes d'isolation et maintenu les vannes existantes de l'ancienne alimentation. Cela permettra de continuer à prendre sa douche en attendant la réparation !
La mise en service peut être faite et cela ne pose pas de problème particulier.

Une fois raccordé et vérifié l'absence de fuites, il faut isoler ces deux tuyaux qui constituent l'échangeur. Celle-ci sera faite en plaçant simplement deux tuyaux isolants gris qui resteront non fermés, car ils feront l'étanchéïté thermique par leur seul "ressort" du fait qu'il seront légèrement ouverts.
Il faut isoler aussi le tuyau de 14 qui sort de l'échangeur.

4 Mesures et essais

4.1 Mesures

C'est certainement la partie la plus intéressante, car je suis parti un peu sur une idée, trop difficile pour moi à mettre en chiffres précis. En effet je connaissais seulement la limite supérieure du gain d'énergie récupérable, mais que donneront les valeurs réelles avec cette implémentation ? … C'est l'objet de ce chapitre !

Les mesures seront donc faites avec un chronomètre et deux petits thermomètres numériques à relevé visuel ! (La précision est un peu incertaine, de plus le temps de calcul de ces thermomètres est de plusieurs secondes)SONDES

Le placement des sondes de température a son importance, et la sonde d'arrivée d'eau froide  sera placée juste à 20 centimètres de l'échangeur pour ne pas subir d'influence de la conductivité du cuivre.
La sonde de sortie sera placée juste avant la vanne d'arrêt pratiquement à la jonction avec l'arrivée d'origine.

Après un long état stable de plusieurs heures, l'écart entre les thermomètres sera nivelé sur l'un des deux, car en l'absence de courants d'air, de tirage d'eau et de hauteur identique à 10 centimètres près, on peut admettre les valeurs comme étant égales.

J'aurais préféré un petit data-logger type HOBO et enregistrer ainsi secondes après secondes, je ne l'ai pas encore, et l'interface température de l'ordi n'est pas encore prête. Peut-être un généreux industriel sera-t-il séduit par ces articles ? Dommage le père Noël vient juste de passer ...!
echangeur2
Je reste sérieux ! voici les premiers résultats et leur interprétation (click image pour agrandissement en nouvelle fenêtre).

Les valeurs ont seulement été légèrement linéarisées et seules deux erreurs ont été carrément modifiées.

- La première surprise est de voir la température du réseau baisser de façon "assez importante" (à l'échelle du 1/10 de °C). Cela s'explique assez bien par le sous-sol qui est à température "tempérée", alors que l'eau du réseau est plus fraîche, et vu l'allure de la courbe, on peut supposer une asymptote vers 7 ou 8°C. Cette douche a été prise après un temps d'absence de plusieurs heures, et donc sans tirage d'eau.

- Un arrêt de débit s'est réalisé après 67 s pour "savonnage". La reprise a été faite 40 secondes plus tard. Ceci explique le "plat" sur l'admission d'eau froide. Par contre il est très intéressant de voir que la température de sortie a augmenté durant l'arrêt d'eau, car les échanges thermiques ont continué et ont légèrement entraîné la température des tuyaux. Cette pente droite représente à la fois les échanges et la transmission thermique dans le cuivre.
On remarque que la température de sortie de l'échangeur est plus froide que l'eau du réseau ! et cela est normal, car la mise en équilibre thermique de l'ensemble évacuation se réalise et les pertes initiales sont très importantes.

- A l'étape suivante, le débit a repris et cette fois (ouf !) les échanges font leur travail et on devient de plus en plus bénéficiaire. L'écart de température gagné se stabilise vers un peu plus de 2 °C.
Ceci n'est pas tout à fait précis, car cet écart semble légèrement progresser, ce qui témoigne que tous les équilibres thermiques ne sont pas encore atteints. (On retiendra cependant cette valeur de 2°C)
Ils ne pourront être réellement stabilisés que lorsque le réseau AEP le sera lui-même.
Le débit de la douche a pris fin à la valeur de temps 304 s.

- Un dernier point très important à signaler est que le bénéfice ne se retire pour la première douche qu'après 150 seconde, ce qui est précisément la moitié du temps.

- Enfin pour couronner le tout, je vais avancer quelque chose qui ne sera peut-être pas exact, mais merci de me corriger si je fais une erreur : Si l'on trace une droite horizontale à 12°C (par exemple), cette droite coupe les deux courbes à 130 s et 280 s. La constante de temps de cet ensemble en régime établi, ne serait-elle pas la différence soit 150 s ?

La température différentielle de 2°C (obtenue cette fois sur une droite verticale) nous permet maintenant de faire le bilan énergétique et financier du gain ainsi obtenu, sachant que la première douche ne comptera que pour moitié (bénéfice réel à partir de 150 s sur 300 s, soit la moitié du temps).

Nous allons toujours raisonner sur 2 douches en séquence pour être plus proche d'une réalité moyenne, et valoriser ainsi la valeur d'une douche type. Le cas de la famille de 4 personnes sera naturellement plus favorable, si les enfants suivent de près (on en tiendra compte).

Gain théorique à température différentielle de 2°C : = 0.00116*75*2=0.174 KWH (2 douches)
Gain réel =3/4 de 0.174= 0.130 KWH et par douche =0.130/2=0.075 KWH

Gain Annuel à 2 douches par semaine = 0.075*2*52= 7.8 KWH soit 0.71 € par an, soit un temps de retour sur investissement de 23/0.7 = 32 ans (je l'ai mis en tout petit !)

Gain Annuel à 3*2 douches par semaine (3 fois 2 douches en séquence) = 0.075*2*3*52 = 23.4 KWH soit 2.12 € par an, soit un temps de retour sur investissement de 10.8 ans.

Gain annuel  à 4 douches par jour en séquence = 2 gains théoriques + 2 gains à 3/4 soit par jour
0.174 +0.130= 0.304 KWH par jour pour 4 douches.
Ceci donne donc une économie annuelle de 0.304KWH*365= 111 KWH soit 10.1 € par an soit un temps de retour sur investissement de 2 ans et 3 mois environ.

Voilà donc cette fois les valeurs réelles !

4.2 Essais réels

Les essais réels sont concluants, et l'on sent parfaitement l'aide de l'échangeur, et il faut y prendre garde. Le phénomène de récupération nécessiterait la mise en place en lieu et place du robinet de douche lui-même, d'un robinet mélangeur thermostatique.
En effet il y a un phénomène de réaction positive qui s'installe avec un robinet mélangeur traditionnel.

Exemple : Vous trouvez l'eau trop fraîche, alors vous mettez plus d'eau chaude, mais l'échangeur va voir passer plus de calories dans quelques secondes et va, du fait de l'augmentation de température, échanger un peu plus, ce qui va encore augmenter la température au robinet, mais avec une constante de temps de quelques dizaines de secondes, et ainsi de suite.
Faute de robinet, il faut être vigilant sur l'augmentation progressive de température. Du côté du froid, le même phénomène se passe naturellement.
Tout revient à une certaine forme d'amplification des variations.

Dans ce cas décrit ce n'est pas trop grave, car la récupération n'est pas énorme, mais dans un cadre plus important, il est OBLIGATOIRE de placer un robinet thermostatique, car il pourrait y avoir des brûlures et notamment pour les enfants.

Les phénomènes les plus perturbants se produisent au moment où les différents échanges thermiques avec les accesoires ne sont pas équilibrés, et les variations de température de l'eau de sortie de douche, se font sentir.

5 Conclusions

Pour ceux qui sont intéressés, il y a plusieurs enseignements à tirer de cette réalisation et des essais.

- La récupération d'énergie sans stockage est plus simple d'entretien, mais nécessite des contraintes d'exploitation en termes de mode de vie.

- Il faut essayer d'augmenter le plus possible la longueur de tuyau pour augmenter les longueurs d'échanges. (c'était évident, mais il fallait le redire) La mise en place de plusieurs tuyaux pourrait également favoriser ces échanges, mais attention aux vitesses et pertes de charge, j'ai quelques doutes sur la proportionnalité de cette partie (voir les thermodynamiciens).
(Naturellement de nouvelles bases vont modifier les différents calculs)

- Le mieux pour vous serait de vous faire conseiller par un thermodynamicien compétent, mais cette race ne court pas les rues, et c'est pour cette raison que j'ai dû tâtonner.

- Pour deux personnes âgées, qui prennent une douche par semaine, le jeu n'en vaut pas la chandelle !

- Cela devient intéressant pour 6 douches (2*3) par semaine, avec un temps de retour sur investissement de 10 ans environ, ce qui au niveau d'une famille est acceptable, et crée réellement un vrai bénéfice énergétique pour la planète.
A remarquer que le solaire photovoltaïque demande des temps équivalents de retour sur investissement, donc, pour un coup d'essai, je serais tenté de faire de l'auto-satisfaction, car il n'y a pratiquement aucun entretien à ce dispositif

- Dans ce cadre de récupération en direct, pour réaliser des économies d'énergie, il est essentiel que chaque douche soit prise le plus rapidement possible après la précédente, pour bénéficier de la mise en température des installations. C'est une contrainte !

- Chacun trouvera dans cette réalisation des éléments de jugement et des éléments pratiques de réalisation. On ne pourra pas me reprocher un caractère dangereux à cette installation, puisque tout problème se traduirait par un écoulement au sol.
Des extrapolations pour votre application sont possibles, mais il faut garder toute la prudence nécessaire car je pense que beaucoup de ces éléments ne sont pas en proportionalité directe, donc non linéaires.

- Mes 2 petits degrés gagnés me conviennent, car les efforts pour les atteindre n'ont pas été trop importants. Je pense qu'il est réellement possible de faire mieux, mais ce qui est préférable avant tout c'est de pouvoir intégrer ce principe dans une construction neuve et d'avoir des longueurs horizontales assez importantes.

- Ne pas oublier si ce n'est déjà fait d'installer un robinet thermostatique pour la douche (même si vous avez déjà un mélangeur général pour l'installation)

- Cet article serait utile si il permettait de remettre les valeurs d'énergie gaspillée à leurs juste place.

J'aimerais que nos présentateurs météo qui prêchent à longueur de journée pour l'écologie, qui font parfois des bouquins sur le sujet, qui ne répondent pas aux courriers et qui parlent du gaspi, le place aux bons endroits.
Ainsi une simple LED consomme en 10 heures d'allumage 0.17 WH, ce qui n'est rien face aux 75 WH récupérés dans le plus mauvais des cas !

Et même si vous ne faites pas cet échangeur, la mise en température sur des douches en séquence est toujours profitable pour le confort et le non gaspillage d'eau chaude dans les tuyauteries. Il faut remarquer que les temps de douche sont très courts et s'expriment en secondes...

J'espère que cet article aura suscité de réelles questions et qu'il intéressera aussi nos élus, qui en ce début 2008 ont un peu la tête ailleurs, mais les vrais questions d'économies d'énergie ne sont pas dans la veille de la télé ou du radio réveil...

Enfin si vous avez apprécié cet article, ne manquez jamais de laisser un commentaire. Merci par avance.

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